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Notre action vise à ne pas déconnecter la traite, l'esclavage et la colonisation de l'histoire. Rendre lisible ce qui l'a rendu possible hier et ce qui s'en perpétue aujourd'hui. Réactiver la mémoire en permanence. Investir la mémoire pour comprendre les freins à la citoyenneté et ouvrir le futur à tous.

1- Bref résumé de la traite française
2- Chronologie de la traite
3- Chronologie de l'abolition
5- Les Personnages
6- Art 44 du  Code Noir





Selon Eric Saugera, historien auteur de « Bordeaux, port négrier », 1995, Ed. LHarmattan:
"les bordelais comme les gens de Nantes, de Liverpool, d'Amsterdam, ne sont pas allés en Afrique pour construire et s'y  établir, mais pour s'en servir afin que le rêve américain soit plus beau: entre l'enchantement du décor et la prospérité de l'économie, il y a le noir esclave ».


Du milieu du XVIIe au milieu du XIXe siècle, la France métropolitaine fut à l'origine d'au moins 4 220 expéditions négrières qui abordèrent aux rivages d'Afrique et d'Amérique.
C'est de Nantes que partirent le plus grand nombre d'entre elles, soit 1 744 expéditions représentant 41,3 % du total. Nantes est la capitale incontestée de la traite française et les autres villes négrières sont ses lointaines dauphines : on en relève dix-huit - neuf sur l'Atlantique, sept sur la Manche, deux sur la Méditerranée - qui s'impliquèrent dans la traite en fonction de leurs moyens ou de leurs ambitions.
Bordeaux, La Rochelle et Le Havre totalisent 33,5 % des armements négriers et peuvent se prévaloir de quelques références.
A Bordeaux, l'opiniâtreté : ses bâtiments négriers se comptaient sur les doigts d'une main avant 1730 quand Nantes comptait les siens par centaines, mais en 1802-1803, ils furent plus nombreux à descendre la Gironde que leurs rivaux bretons la Loire.

1520. Le port de la Lune, qui jusque là ne pratiquait que le cabotage, commence à mettre sur pied des expéditions transocéaniques.

1571. Le Parlement de Bordeaux s’oppose à la vente d’esclaves débarqués par un capitaine normand et les déclare libres. Cet humanisme ne fera pas long feu.

1672. Le 08 mars, le Saint-Étienne, navire de 180 tonneaux, part pour la guinée. Son capitaine est Jean Le Cordier, et l’armateur la Compagnie des Indes Occidentales. C’est le premier navire négrier recensé à partir de Bordeaux.

1786-1792. 50% des navires négriers sont armés à Bordeaux, soit 70% du tonnage total du siècle. Les armateurs se nomment Nairac, Cabarrus, Balguerie, Baour, Gradis, attirés par la richesse de Nantes mais aussi par la forte prime attribuée pour chaque noir introduit aux Iles d’Amériques.

1794. Le 04 février, l’esclavage est aboli par la Constituante. Les négociants investissent dans l’immobilier et les vignobles.

1802. Le conseil de commerce( Chambre de Commerce actuelle) de Bordeaux déclare dans un mémoire du 15 février, qu’ « une trop fatale expérience nous a démontré que la liberté des noirs est incompatible avec les travaux qu’on a besoin d’en exiger(…). De là la nécessité de la Traite. » L’esclavage est rétabli le 20 mai par Bonaparte.

1825. Le Guide ou Conducteur de l’Etrangé(sic) à Bordeaux omet, tout en rappelant que « le commerce de la capitale de Guyenne était jadis immense », de mentionner ses activités négrières, alors que le dernier navire négrier bordelais recensé quitte Bordeaux en septembre 1826.

1848. Le 27 mars, loi sur la libération de tous les esclaves. Réf Eric Saugera, Bordeaux Port Négrier, Ed Karthala, 1995


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Ernest Labrousse, historien (1895 - 1988) : “ce n'est ni le blé, ni le vin ni le drap ni la toile ni la jeune industrie cotonnière  qui soutiennent la fortune de notre pavillon, mais le sucre et le café“

1454 : 8 janvier. Le pape Nicolas V autorise le roi du Portugal à pratiquer la traite (itinéraire : Afrique-Portugal).

1492
: Premier voyage transatlantique de Christophe Colomb. Début de la conquête et de la colonisation ibériques. La Couronne de Castille subventionne les voyages de Colomb jusqu'en 1504. Des Noirs dans les caravelles dés le deuxième voyage.

1493 : Ligne de partage entre l'Espagne et le Portugal. Bulles du pape Alexandre VI Borgia.

1513 : Découverte du Pacifique par Vasco Nûñez de Balboa.

1514 : Le Requerimiento.

1519 : Las Casas égalitarisme absolu. Il n'y a, il ne peut y avoir ni d'esclaves par nature, ni de gens sans "liberté et pouvoirs", ni de peuples sans souveraineté.

1525 environ : Débuts de l'importation de "pièces d'Indes", organisation systématique de la traite esclavagiste.

1526 : La Couronne espagnole envisage que l'esclavage du Noir soit réduit à quelques années : chaque esclave retrouverait la liberté au bout d'un temps de servitude. Echec de cette mesure.

1530 : Charles V : première interdiction de l'esclavage indien.

1532 : Les franciscains à Sao Vicente. Première plantation de canne à sucre.

1537 : Aux instances de Las Casas et de théologiens espagnols, le pape Jules III condamne toute mise en doute de la pleine humanité des Indiens.

1550 : Charles V affranchissement de tous les esclaves des Indes occidentales. Mais système de la encomienda.

1555 : Implantation de Français au Brésil : colonie de Villegaignon, Rio de Janeiro.

1567 : Expulsion des Français de Rio de Janeiro.

1570 : Le roi du Portugal, Don Sebastiao, interdît la réduction des Indiens à l'esclavage.

1573 : Condamnation radicale de la traite : fray Bartolomé de Albornoz. Ordonnances de Philippe Il d'Espagne le terme conquista est remplacé par celui de pacificacion.

1584 : 120 entreprises sucrières au Brésil.

1595 : Quatre raffineries de sucre en Hollande.

1600 : Compagnie de l'Inde orientale (anglaise).

1602 : Compagnie des Indes orientales (hollandaise).

1604 : Fondation de la première colonie française permanente en Amérique : Port-Royal (Acadie).

1604-1606 : Tentatives anglaises de colonisation de la Guyane.

1612 : Occupation partielle des côtes de la Guinée par les Hollandais.

1612-1614 : Les Français tentent d'occuper le Maranhao.

1617 : Compagnie des Indes occidentales (hollandaise).

1620 : Premiers arrivages d'esclaves africains dans les colonies continentales anglaises.

1622-1629 : Raffineries de sucre en Hollande.

1623 : Mêlés aux migrants hollandais, des Wallons, des huguenots français et des Allemands débarquent au Nouveau Monde.

1625 : Caractéristiques d'une traversée. - Dans 5 navires portugais, 1 211 esclaves africains, dont 583 meurent pendant le voyage et 68 peu de jours après l'arrivée. Français et Anglais se partagent l'île de Saint-Christophe.

1626 : Richelieu autorisation de colonisation de la Guyane.

1627 : Richelieu : la colonisation française doit être exclusivement catholique et avoir pour but l'expansion missionnaire.

1635 : Compagnie des îles d'Amérique (française). De 1635 à 1680 : organisation de convois de femmes blanches vers les plantations françaises des Antilles.

1637 : La Hollande s'organise pour importer des Noirs.

1638 : Prévision figurant sur un contrat de transport d'Africains en Amérique : 10 % de mortalité en cours de traversée.

1650 : Fin de la Compagnie des îles d'Amérique. Abandon provisoire du système de convoi de femmes blanches.

1651 : Compagnie de la France équinoxiale ou de Cayenne.

1654 : Les Anglais de la Nouvelle-Angleterre occupent l'Acadie.

1660 : Martinique : révolte des travailleurs des plantations de tabac.

1663 : Sous Colbert : la Nouvelle-France réunie à la Couronne.

1664 : Jusqu'à cette date, les Hollandais exportent des îles françaises le sucre brut, qu'ils raffinent. Colbert crée la Compagnie des Indes occidentales.
Fondation de la Compagnie des Indes orientales.

1667 : L'Acadie revient à la France.

1670 : Colbert communique à De Baas qu'il n'est pas favorable au recrutement forcé d'immigrants. Il réduit le temps de service des "engagés".

1672 : Organisation de la Royal African Company (anglaise).

1673 : La Compagnie du Sénégal - française - conduit des Noirs aux Antilles et à la Guyane.

1674 : Le tabac, monopole d'Etat en France.

1678 : 27 000 esclaves aux Antilles françaises.

1682 et 1683 : Mémoires de Patoulet et de Begon (bases de la rédaction du Code Noir).

1683 : 30 raffineries de sucre en France. 25 paroisses catholiques en Franco-Amérique. Persécution des "religionnaires" et des juifs aux Antilles, n'allant pas jusqu'à l'expulsion.

1684 : La France interdit la création de nouvelles raffineries de sucre aux colonies. La Compagnie de Guinée - française - transporte des Noirs aux Antilles et à la Guyane.

1685 : Le Code Noir.

1686 : Jusqu'en 1806 : des esclaves noirs au Canada, en relativement petit nombre.

1697 : Occupation française de la partie occidentale de Saint-Domingue.

1698 : Les Français en Louisiane. Convention entre la Compagnie de Saint-Domingue et la Compagnie de Guinée pour activer la traite et apporter davantage de Noirs à Saint-Domingue.

1699 : Les "engagés" soumis de nouveau à un "contrat" de trente-six mois.

1700 : Constitution d'une compagnie pour administrer le monopole du commerce franco-américain. Affranchis et esclaves : à Saint-Domingue 500 affranchis, 9 000 esclaves; à la Guadeloupe 239 affranchis, 4 780 esclaves; à la Martinique 507 affranchis, 14 566 esclaves.

1701 : La France obtient l'asiento (exclusivité de la fourniture d'esclaves noirs pour les colonies espagnoles). A partir de cette date et jusqu'en 1713, la Compagnie française de la Guinée livre des esclaves au Venezuela en échange de cacao.

1705 : Saint-Domingue : la castration proposée comme peine juridique pour les esclaves, la Couronne rejette cette proposition.

1709 : Louis XIV déclare que l'objet de la guerre de succession en Espagne est le commerce avec les Indes occidentales.

1712 : Création de la deuxième Compagnie de la Louisiane.

1713 : Ordonnance exigeant la permission écrite du gouverneur et de l'intendant, dans les colonies françaises, pour affranchir un esclave. Interdiction de "baptiser comme libres des enfants de mères esclaves".

1715 : Débuts de la culture du café à Saint-Domingue.

1716 : Réglementation du séjour des esclaves en France métropolitaine.

1719 : Création de la Compagnie des Indes (française).

1721 : La culture du café à la Martinique. Pour pouvoir affranchir, un maître doit avoir 25 ans.

1724 : Refonte du Code Noir pour la Louisiane.

1726 : Saint-Domingue :130 000 habitants, dont 100 000 esclaves.

1730 : De cette année à l'année 1780; intensité maxima de l'importation d'esclaves africains dans tout le continent américain.

1738 : Durcissement de la réglementation du séjour des esclaves en France.

1746-1774 : Mortalité sur les navires négriers (port de Nantes) : entre 5% et 34%.

1750 environ : Epopée de Macandal, qui sera exécuté en janvier 1758.

1751 : Les jésuites introduisent la canne à sucre et des Noirs en Nouvelle-Orléans. Jusqu'en 1791 : intensification de la culture sucrière en Louisiane.

1753 : Saint-Domingue 172 000 habitants, dont 154 000 esclaves.

1754 : 300 000 esclaves aux Antilles françaises.

1759 : Création aux Antilles de Chambres d'Agriculture et de Commerce qui disposeront d'un délégué à Versailles.

1769 : Troubles politiques à Saint-Domingue. Abolition de l'esclavage en Pennsylvanie (les quakers).

1770 environ
: Les colons des Antilles françaises semblent s'intéresser aux mariages et à la natalité des esclaves. Mais natalité : 0,8-0,9 % en moyenne; mortalité, entre 10 et 12 % par année. Depuis cette date et au-delà, les Français "traitent", davantage que les Portugais et les Anglais.

1774 : Le système d'engagement des "trente-six-mois" définitivement supprimé.

1775 : Début des guerres d'Indépendance en Amérique (jusqu'en 1825).

1777 : Une nouvelle Compagnie de Cayenne. L'Assemblée de Vermont déclare l'abolition légale de l'esclavage. Interdiction totale de séjour des esclaves en France.

1778 : Saint-Domingue, 288 800 habitants, dont 7 055 gens de couleur libres et 249 000 esclaves.

1779 : L'Assemblée de New York abolit l'esclavage. Antilles françaises : rechute des affranchis dans l'esclavage en cas de manquement de respect envers n importe quel Blanc.

1780 : 673 000 esclaves aux Antilles françaises. Réitération de l'abolition de l'esclavage en Pennsylvanie.

1783 : Abolition de l'esclavage au Massachusetts et à New Hampshire.

1784 : Abolition de l'esclavage par les Assemblées du Connecticut et de Rhode Island. Antilles françaises : registre spécial de naissances et de décès des Noirs, ne valant pas d' "état civil".

1785 : Restructuration de la Compagnie française des Indes. Le Code Noir a cent ans.

1786 : Ordonnance de Louis XVI pour améliorer le sort des esclaves (repos entre midi et deux heures, du coucher du soleil à son lever).

1787 : Débuts du mouvement abolitionniste au Canada. Assemblée coloniale à la Martinique et à la Guadeloupe. Constitution politique des Etats-Unis. Abolition de l'esclavage par l'Assemblée du North-West Territorv.

1788 : En France, la Société des Amis des Noirs.

1789 : Saint-Domingue : 523 000 habitants, dont 27 548 gens de couleur libres et 465 400 esclaves. 700 000 esclaves aux Antilles françaises. Saint-Domingne : assemblée électorale, gouvernement militaire. France : prise de la Bastille.

1790 : Le 8 mars, la Constituante considère les colonies comme partie de l'Empire français. 25 mars : l'assemblée coloniale de Saint-Marc se proclame Assemblée générale de Saint-Domingue. 28 mars, instruction sur les lois préparées au sein des assemblées coloniales françaises. Début de l'insurrection à Saint-Domingue.

1791 : Le 3 septembre Constitution française. 22 septembre loi de navigation maintenant le principe du système exclusif de commerce entre la France et ses colonies. 15 mai : statut sur les droits des gens de couleur. 23 juin la Constituante assimile les colonies à la métropole. Août révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue. 24 septembre : l'Assemblée confie aux assemblées coloniales la charge de produire des lois sur le statut des personnes "non libres".

1792 : 21 septembre : proclamation de la République.

1793 : Suppression, par la Convention, des primes aux armateurs de navires négriers. 29 août : Toussaint Louverture impose à Sonthonax l'abolition de l'esclavage à Saint-Domingue.

1794, 4 février : La Convention décrète l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies. Le décret n'est pas appliqué.

1802 : Le 30 floréal an X les décrets d'abolition sont annulés. Retour au Code Noir.

1803 : Cession de la Louisiane aux Etats-Unis. Avril : mort de Toussaint Louverture. Novembre Haïti : proclamation de l'indépendance.

1804 : L'Assemblée de New Jersey abolit l'esclavage.

1805 : France le Code civil. Antilles et Colonies réaffirmation du maintien du Code Noir.

1807 : Fin officielle de la traite des Noirs aux Etats-Unis. Intense activité, jusqu'en 1833, pour en finir avec la traite.

1818 : Rappel de l'interdiction de séjour des Noirs en France.

1820 : Retour des Noirs américains en Afrique : Libéria.

1825 : De cette date à 1850 la Grande-Bretagne négocie une douzaine de traités pour poursuivre ses activités de traite en Amérique.

1829 : Abolition légale de l'esclavage au Mexique (indépendant depuis 1821).

1833 : Martinique et Guadeloupe : droit de vote réservé aux Blancs. Abolition de l'esclavage dans les colonies anglaises.

1845 : Antilles françaises : limitation des peines corporelles, l'esclave noir a droit à se constituer un pécule pour acheter sa liberté.

1847 : Le Danemark abolit l'esclavage.

1848 : Le 4 mars et le 27 avril abolition de l'esclavage par la France. Cent soixante-trois ans après sa publication, le Code Noir a vécu.

1850 : Fin officielle du trafic d'esclaves au Brésil. Le Brésil aura importé jusqu'à cette date quelque 3 600 000 esclaves noirs.

1860 : La traite continue clandestinement en Amérique. En 15 Etats de l'Union l'esclavage n'est pas encore aboli.

1861 : Jusqu'à cette date, et depuis 1852, la traite française continue au "bénéfice" des Antilles et de la Réunion 50 000 Noirs environ.

1863 : Mesures abolitionnistes dans la Constitution des Antilles hollandaises.

1873 : Abolition de l'esclavage dans la colonie espagnole de Puerto Rico.

1880 : Abolition de l'esclavage à Cuba, colonie espagnole.

1885 : (2ème centenaire du Code Noir). La France et l'Allemagne convoquent conjointement les puissances européennes et les Etats-Unis d'Amérique à la conférence de Berlin main basse sur l'Afrique, partage du continent austral, condamnation de la traite.

1929 : Ouverture à Vincennes de l'Exposition sur la colonisation française.

1985 : Tricentenaire du Code Noir, totalement ignoré par la presse, la radio, la télévision françaises. Indépendantisme kanak : proposition du gouvernement français d'un moratoire vers la "liberté" et "l'indépendance" de la Kanakie. A Nantes, commémoration du tricentenaire. Dans la même ville, réception par la Municipalité de l'ambassadeur d'Afrique du Sud.


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1793 : Saint - Domingue (Haïti)

1794 : Décret d'abolition de l'esclavage du 16 pluviôse an II voté par la convention, étendant l'abolition aux autres colonies françaises.

1802 : Rétablissement de la traite et de l'esclavage, conformément à la législation antérieure à 1789, par Napoléon Bonaparte.

1815 : Décision d'abolition de la traite par les puissances européennes au congrès de Vienne.

1822 : Santo Domingo.

1823 : Chili.

1826 : Bolivie.

1829 : Mexique.

1833-1838 : Colonies britanniques des West Indies (îles des Caraîbes orientales, Jamaîque, Trinidad, Honduras et Guyane britannique) et de l'île Maurice (ex Ile de France).

1846-1848 : Colonies des Iles Vierges danoises (Sainte-Croix, Saint-Jean, Saint-Thomas).
1847 : Saint-Barthélémy (Suède).

1848 : Colonies françaises (Guadeloupe, Martinique, partie française de Saint-Martin, Guyane et île de la Réunion).

1851 : Colombie.

1853 : Argentine.

1854 : Venezuela.

1855 : Pérou.

1863 : Colonies néerlandaises des Caraïbes (Curaçoa, Bonaire, Aruba, Saba, Saint-Eustache, partie hollandaise de Saint-Martin, Guyane hollandaise) et Insulinde.

1863-1865 : Etats-Unis (Sud, puis toute l'Union).

1873 : Puerto Rico.

1876 : Turquie.

1885 : Conférence de Berlin et mesures contre l'esclavage.

1886 : Cuba.

1888 : Dernières mesures d'abolition au Brésil (premières mesures en 1856 et 1871).

1890 : Deuxième Conférence de Berlin au sujet de l'esclavage en Afrique.

1926 : Convention internationale sur l'esclavage.

1948 : Article 4 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, confirmée par la convention de 1956.


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TOUSSAINT LOUVERTURE (1743-1803)

Quel fut le rôle exact de Toussaint , nègre créole libre alors âgé d'une cinquantaine d'années; Surnommé Fatras-Bâton (le Contrefait), c'était un homme de petite taille (1,63 m), malingre, exerçant malgré sa laideur de l'ascendant sur ses congénères. Second fils d'un Africain originaire de Arada (Bénin-Togo). Toussaint avait été affranchi en 1776 après avoir été successivement mayoral (commandeur) cocher et surveillant de la plantation Bréda. Homme intelligent, réfléchi, dissimulant ses pensées et parlant peu, il s'exprimait très souvent par maximes. Très sobre, il aimait beaucoup les chevaux et était très bon cavalier. Connaissant parfaitement toutes les plantes médicinales, il se fit connaître comme médecin de l'armée. Il servit sous les ordres de Biassou. Il avait appris à lire et à écrire maladroitement. En juillet 1793, les chefs de l'insurrection se rallièrent aux autorités espagnoles de Santo Domingo. Les Espagnols entreprirent l'invasion de la colonie française. Toussaint Louverture devint général des armées du roi, établissant son quartier général à La Marmelade en décembre 1793. L'invasion britannique, en septembre 1793, précipita les événements. Quelques mois après la suppression de l'esclavage à Saint-Domingue (29 août 1793) - décision confirmée par la Convention en février 1794 -, Toussaint, rompant avec Biassou et les Espagnols, choisit de se rallier en mai 1794 avec son armée aux autorités légales de la République. Toussaint écarta du pouvoir Laveaux qui partit le 14 octobre 1796 après son élection aux Cinq-Cents. Le Directoire, après s'être débarrassé des officiers de couleur, envisagea l'envoi d'une force armée pour soumettre les nègres à la production coloniale et pour rétablir l'ordre colonial et esclavagiste. Toussaint, nommé général en chef en mai 1797, répondit à ces menaces en faisant savoir au gouvernement français que s'il avait l'intention de restaurer l'esclavage, les nègres de Saint-Domingue se défendraient, à l'exemple de ceux de Jamaïque.


LOUIS DELGRES (Delgres 1766-1802)

Louis Delgrès né à Saint-Pierre (Martinique) en août 1766. Officier rebelle et opposant déterminé au rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe en 1802, il fut l'un des personnages les plus prestigieux de l'histoire de la Guadeloupe. Il sert dans l'armée des républicains français à la Martinique et accède en 1793 au grade de Capitaine à titre provisoire. Après la conquête de l'île par les Anglais, Delgrès est déporté en Grande-Bretagne en mars 1794, puis libéré en mai. Il participe à la formation du bataillon des Antilles à Brest et est promu lieutenant (octobre 1794). Sa bravoure, lors des combats menés contre les Anglais lui vaut d'être nommé capitaine par le commissaire de la Convention Goyrand (chargé de la reconquête de Sainte-Lucie). Considéré sans doute comme un officier d'élite, Delgrès fait partie des troupes envoyées de Sainte-Lucie à Saint-Vincent pour soutenir les Caraïbes noirs révoltés contre les Anglais. Fait une nouvelle fois prisonnier au début de juin 1796, il est déporté en Grande-Bretagne puis libéré en septembre 1797. Il est alors promu chef de bataillon et tient garnison à Rouen. A la fin de l'année 1799, il retourne en Guadeloupe comme aide de camp de l'agent Baco. Ultérieurement, il devient aide de camp (officier de confiance) du capitaine général Lacrosse. En janvier 1802, Delgrès qui a été promu au grade de Colonel par Pelage, est placé à la tête de l'arrondissement de Basse-Terre. En mai 1802, il décide de s'opposer par les armes aux troupes du Général Richepance envoyer par Napoléon Bonaparte pour rétablir l'esclavage. Après de durs combats, il évacue le fort Saint-Charles et se replie sur les hauteurs de Matouba. Richepance fait donner l'assaut à l'habitation Danglemont (Matouba) où Delgrès avait établi son quartier général. Blessé, Delgrès décide de se suicider avec plusieurs centaines d'hommes en faisant sauter des barils de poudre. Cette mort dramatique, survenue le 28 mai 1802, en fait une figure hautement symbolique.


VICTOR SCHOELCHER (1804 - 1893)

Né à Paris en 1804, mort à Houilles en 1893. Homme politique français d'origine alsacienne (Fessenheim), député de la Martinique et de la Guadeloupe, sous-secrétaire d'état à la marine (1848). Il prépara le décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies (27.04.1848). VICTOR SCHOELCHER ET L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE : Napoléon tombé, la Restauration prend l'engagement de maintenir l'esclavage. Aux îles, on assiste à une identification entre le pouvoir central et la mentalité créole. L'avènement de Louis-Philippe amorce une évolution concernant le sort des esclaves des colonies françaises.
L'Angleterre décide l'émancipation de ses esclaves le 28 août 1833. Le mouvement abolitionniste reprend, incarné par Victor Schoelcher, député de la Martinique et de la Guadeloupe, qui ne cesse de harceler l'opinion publique et le Parlement. Il publie de nombreux ouvrages:
- De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale (1833),
- Des colonies françaises : abolition immédiate de l'esclavage (1842),
- Coup d'oeil sur l'état de la question d'affranchissement (1843),
- Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années (1847).
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Le Code Noir raconte une très longue histoire qui commence à Versailles, à la Cour du Roi Soleil, en mars 1685 et se termine à Paris en avril 1848 sous Arago, au début de l'éphémère II ème République. En très peu de page, avec l'aridité qui convient au sérieux des lois, il raconte la vie et la mort de ceux qui, justement, n'ont pas d'histoire. En cinq douzaines d'articles, il balise sur du néant le chemin que suivront forcément des centaines de milliers, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants dont le destin aurait dû être de ne laisser aucune trace de leur passage entre naissance et mort.

Préambule - Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre : à tous, présent et à venir, salut. Comme nous devons également nos soins à tous les peuples que la divine providence a mis sous notre obéissance, nous avons bien voulu faire examiner en notre présence les mémoires qui nous ont été envoyés par nos officiers de nos îles de l'Amérique, par lesquels ayant été informés du besoin qu'ils ont de notre autorité et de notre justice pour y maintenir la discipline de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, pour y régler ce qui concerne l'état et la qualité des esclaves dans nos dites îles, et désirant y pourvoir et leur faire connaître qu'encore qu'ils habitent des climats infiniment éloignés de notre séjour ordinaire, nous leurs sommes toujours présent, non seulement par l'étendue de notre puissance, mais encore par la promptitude de notre application à les secourir dans leurs nécessités. A ces causes, de l'avis de notre Conseil, et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, nous avons dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, voulons et nous plaît ce qui ensuit.
 
 
Article 44 - Déclarons les esclaves être meubles, et comme tels entrer en la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers sans préciput ni droit d'aînesse, ni être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni aux retranchements des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort ou testamentaire.

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